La relation parent-intervenant : Méfiance ou alliance ?

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La relation entre les parents et les intervenants a toujours été un sujet délicat à aborder. Et parfois complexe. D’un côté, on veut bien que le parent s’implique mais on craint une intervention inappropriée de sa part dans le rôle professionnel de l’intervenant. D’autre part, le parent hésite parfois à exposer les problèmes vécus par son enfant de crainte de « représailles » de la part de l’intervenant. De part et d’autre, on minimise bien souvent la portée de ces rencontres et les retombées qu’ils peuvent avoir sur le développement général de l’enfant.

En fait, plusieurs recherches ont démontré qu’une bonne relation parent-intervenant favorise l’encadrement du jeune. Une complicité dans les façons de faire et dans les règles de vie amène l’enfant suivre des règles uniformes et cohérentes. Il ne peut plus jouer sur la confusion ou invoquer des raisons telles « Ce n’est pas ce que Madame Marie-Ève m’a dit à l’école ! »

D’une manière générale, il est aussi admis qu’une bonne relation parents-intervenant contribue au maintient d’un bon climat et du bon fonctionnement de l’institution. Le parent qui se sent accueilli est habituellement plus ouvert à fournir une contribution volontaire à la bibliothèque de l’institution, au Conseil d’établissement ou à un comité formé par l’école.

LES CRITÈRES D’UNE BONNE RELATION :

Une relation de qualité entre les parents et les intervenants n’est pas vraiment difficile à obtenir car au fond ces deux acteurs visent le même but : soutenir le développement de l’enfant dans sa globalité. Par contre, elle se dégrade facilement (et rapidement). Une parole mal placée, un comportement inapproprié ou un refus de collaborer peut semer la méfiance de part et d’autre. Une bonne relation s’établit à partir de certains éléments de base.

L’ÉCOUTE :

Rien de plus facile direz-vous…E n fait, écouter quelqu’un est plus difficile qu’il n’y paraît. Elle exige une discipline personnelle afin de se concentrer sur le message et ne pas se laisser distraire par toute sorte de pensée qui nous viennent à l’esprit telles la préparation de la prochaine rencontre d’intervenants, la réparation de notre voiture ou la réception que je dois organiser en fin de semaine… Une autre situation fréquemment vécue lorsqu’on est en mode écoute est de préparer sa réplique pendant que l’autre parle. Habituellement, on peut déceler assez rapidement si la personne qui est devant nous nous écoute vraiment. Une expression dans son visage, un regard fixe et absent d’émotion… L’écoute suppose donc une présence de soi ainsi qu’une capacité d’écoute qui demande de l’énergie et du temps pour permettre `à l’autre de bien exprimer ses besoins, ses états d’âme et son opinion.

L’OUVERTURE D’ESPRIT :

Quel beau sujet mal exploité! On parle très rarement de se sujet lors des discussions de groupe. Avoir une ouverture d’esprit, c’est porter un regard étendu sur tout ce qui nous entoure et ce sans préjugé ou sans jugement hâtif. Et ce, même si ça ne touche pas notre « petite personne » directement ! C’est accepter la diversité d’opinion, de culture, de mode sans pour autant se sentir attaquer personnellement dans ses propres convictions. L’ouverture d’esprit s’oppose au refus de ce qui se distingue de nous. Mais attention! Avoir une ouverture d’esprit ne signifie pas de tout accepter ! Mais, ceci est une autre histoire… Retenons que L’ouverture d’esprit constitue un élément essentiel à une bonne relation parent-intervenant et que cette qualité doit être considérée comme faisant partie de la culture de l’entreprise.

LA FRANCHISE :

Coluche a déjà dit de la franchise qu’elle ne consiste pas à dire ce qu’on pense mais à penser ce qu’on dit… Une bonne relation parent-intervenant passe par un discours franc et sans complaisance. Votre rôle auprès de l’enfant vous oblige à avoir un discours clair, précis et qui n’amène pas à interprétation. La franchise amène un respect mutuel et constitue la base d’une coopération future.

LA CONFIANCE : Parmi les critères de base pour établir une bonne relation, établir une confiance mutuelle est sans doute le plus important. Ce qui peut paraître une évidence à première vue n’est pas si simple à obtenir car pour obtenir la confiance, il faut éliminer la méfiance. Elle n’est pas simple à obtenir car elle demande un engagement mutuel de deux personnes qui doivent se connaître raisonnablement. La confiance se mérite, s’établit peu à peu. Elle ne vient pas spontanément. Elle fait appel à des notions telles la disponibilité, la constance, la discrétion, l’engagement. Le parent sera prêt à établir un lien de confiance s’il considère que son enfant est entre bonnes mains. Développer une relation parent-intervenant à partir de l’approche de la confiance est un projet passionnant pour toute école ou service. Beaucoup de recherches sont en cours sont sur ce sujet prometteur.

COMMENT ÉTABLIR (ET POURSUIVRE) UNE BONNE RELATION ?

Les recherches démontrent que c’est à l’enseignant ou à l’intervenant de faire les premiers pas auprès des parents. C’est à eux de les accueillir et démontrer une ouverture à collaborer. Inutile de dérouler le tapis rouge. Le début d’une bonne relation commence plutôt par un paquet de petites choses. Quelques exemples? Évitez le mot « convocation ». Parlez plutôt d’une « i invitation » à une rencontra e. Le terme est moins sévère, plus…invitant. Utilisez un vocabulaire simple, et précis lors des rencontres. On sait tous que le monde de l’éducation est truffé d’expressions techniques et compliqués pour les personnes qui ne sont pas du milieu. Présentez vos projets semestriels avec enthousiasme et manifestez votre désir d’impliquer les parents dans certaines étapes de votre projet. Vous pourrez ainsi bénéficier d’une contribution souvent insoupçonnée de la part des parents.

D’une façon générale, il est important de créer un lien de base avec les parents de l’enfant car celui-ci arrive en classe avec tout ce qui se passe à la maison. À l’occasion, il est nécessaire de comprendre l’environnement familial de l’enfant afin d’avoir un regard complet sur un problème.

Une autre façon de plus en plus populaire de développer les liens parents-intervenants est d’organiser des conférences ou des ateliers de formation à l’intention des parents et des intervenants sur des sujets tels l’encadrement, l’estime de soi, l’apprentissage de la lecture, l’arrivée au préscolaire etc. Ces rencontres ont l’immense avantage de mettre les parents et les intervenants « sur la même longueur d’onde » sur un sujet donné. Ils permettent de plus de favoriser les échanges sur une base informelle ce qui est très efficace pour établir des liens de confiance.

EN CONCLUSION :

Les relations parent-intervenants : méfiance ou alliance? Les deux situations existent et existeront encore longtemps. Considérons toutefois les commentaires de Rollande Deslandes, professeurs titulaire à l’UQTR et spécialiste en relation famille-école-communauté, tirés d’une de ses nombreuses recherches sur le sujet : « En général, des relations positives entre les enseignants et les familles favorisent un rendement scolaire plus élevé, un meilleur ajustement de l’enfant àl’école, une meilleure estime de soi de l’élève et une plus grande participation parentale au suivi scolaire. ». À nous de jouer maintenant !


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